Méthode d’évaluation selon le Goodwill

Méthode du Goodwill — valorisation survaleur d'entreprise

Lors d’une cession ou d’une reprise d’entreprise, la valorisation ne se limite pas aux actifs comptables. Une entreprise peut valoir bien plus que la somme de ses actifs — c’est ce que mesure le Goodwill, aussi appelé survaleur ou écart d’acquisition. La méthode du Goodwill est une approche de valorisation mixte reconnue, particulièrement adaptée aux PME lors de transmissions. Voici comment elle fonctionne, avec formules et exemples chiffrés.

Qu’est-ce que le Goodwill ?

Le terme Goodwill (ou « fonds commercial incorporel ») désigne l’ensemble des éléments immatériels qui contribuent à la valeur d’une entreprise au-delà de ses actifs tangibles. Il englobe notamment :

  • La notoriété et la réputation de la marque
  • Les relations commerciales (clients fidèles, fournisseurs stratégiques)
  • Le savoir-faire et les compétences humaines
  • Les brevets, licences et technologies propriétaires
  • La position concurrentielle et les parts de marché

En comptabilité, le Goodwill apparaît au bilan lors d’une acquisition : c’est l’écart entre le prix payé et la valeur nette comptable des actifs acquis.

TermeDéfinitionSigne
GoodwillPrix d’acquisition supérieur à la valeur comptablePositif (+)
BadwillPrix d’acquisition inférieur à la valeur comptableNégatif (−)

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Quand utiliser la méthode du Goodwill ?

La méthode du Goodwill est particulièrement adaptée dans trois situations :

1. Lors d’une reprise d’entreprise

Pour le repreneur, le Goodwill permet de déterminer si le prix demandé est justifié par rapport à la valeur patrimoniale. Si le Goodwill calculé est inférieur au Goodwill demandé, l’acheteur surpaye les éléments immatériels.

2. Lors d’une cession d’entreprise

Pour le cédant, la méthode du Goodwill permet de justifier une valorisation supérieure à la valeur comptable grâce aux actifs immatériels développés au fil du temps. Elle protège contre une vente basée uniquement sur des données comptables brutes qui ne reflètent pas la vraie valeur de l’entreprise.

3. Lors d’un apport en holding

C’est la méthode la plus couramment utilisée par les commissaires aux apports pour les PME et TPE lors d’opérations d’apport de titres à une holding. Elle offre un cadre rigoureux pour justifier la valeur des actifs apportés.

La formule du Goodwill expliquée

La méthode du Goodwill repose sur deux étapes : le calcul de la rente du Goodwill (excès de bénéfice par rapport au rendement normal des actifs), puis son actualisation.

Étape 1 : Calculer la rente de Goodwill (Rn)

La rente annuelle de Goodwill représente le bénéfice supérieur à ce que rapporteraient normalement les actifs s’ils étaient placés au taux de rendement requis :

Rn = Bn – (r × An)

Où :

  • Bn = bénéfice anticipé de l’année n (bénéfice net retraité)
  • An = actif nécessaire à l’exploitation pour l’année n (Actif Net Corrigé)
  • r = taux de rentabilité exigé (généralement entre 5 % et 10 % selon le secteur)

Si Rn est positif, l’entreprise crée de la survaleur. Si Rn est négatif, il y a destruction de valeur.

Étape 2 : Actualiser les rentes pour obtenir le Goodwill

On actualise les rentes de Goodwill sur un horizon de 3 à 8 ans (généralement 5 ans) :

Goodwill = R1/(1+i) + R2/(1+i)² + … + Rn/(1+i)ⁿ

i est le taux d’actualisation (souvent le taux d’inflation ou un taux sans risque, entre 3 % et 5 %).

Étape 3 : Calculer la valeur globale de l’entreprise

La valeur finale de l’entreprise est :

Valeur de l’entreprise = Actif Net Corrigé (ANC) + Goodwill

Exemple chiffré complet

Prenons l’exemple d’une PME de services informatiques que nous souhaitons valoriser par la méthode du Goodwill.

Données de départ :

DonnéeValeur
Actif Net Corrigé (ANC)500 000 €
Bénéfice net anticipé (constant)80 000 €/an
Taux de rentabilité requis (r)8 %
Taux d’actualisation (i)4 %
Horizon d’actualisation5 ans

Calcul de la rente annuelle de Goodwill :

Rn = 80 000 – (8 % × 500 000) = 80 000 – 40 000 = 40 000 € / an

Actualisation sur 5 ans à 4 % :

AnnéeRente (€)Facteur d’actualisation (1+4%)^nValeur actualisée (€)
140 0001,04038 462
240 0001,08236 982
340 0001,12535 556
440 0001,17034 188
540 0001,21732 874
Total Goodwill178 062 €

Valeur totale de l’entreprise :

Valeur = ANC + Goodwill = 500 000 + 178 062 = 678 062 €

Sans le Goodwill, l’entreprise n’aurait été valorisée qu’à 500 000 € sur base patrimoniale pure. La prise en compte des actifs immatériels ajoute plus de 178 000 € de valeur, soit +35 %.

Les paramètres qui influencent le Goodwill

La méthode du Goodwill est sensible à plusieurs paramètres clés qu’il faut choisir rigoureusement :

ParamètreImpact sur le GoodwillValeurs typiques 2026
Taux de rentabilité requis (r)Plus r est élevé, plus la rente Rn diminue5 % à 10 %
Taux d’actualisation (i)Plus i est élevé, plus le Goodwill est faible3 % à 6 %
Horizon d’actualisationPlus long = Goodwill plus élevé3 à 8 ans
Bénéfice net retraité (Bn)Déterminant principalRetraiter les éléments exceptionnels

Goodwill vs autres méthodes de valorisation : comparaison

La méthode du Goodwill est une méthode hybride qui combine approche patrimoniale et approche par les flux. Voici comment elle se positionne par rapport aux autres méthodes :

MéthodeApprochePoints fortsLimites
GoodwillMixteIntègre patrimoine + rentabilité + immatérielComplexe, sensible aux hypothèses
Multiple EBITDAMarchéSimple, références sectoriellesNe valorise pas les actifs spécifiques
DCFFlux futursTrès précis si bon prévisionnelDépend fortement des hypothèses
ANC seulPatrimonialeObjective, base comptableIgnore les actifs immatériels

Pour approfondir les autres méthodes, consultez notre guide sur les 3 grandes méthodes de valorisation d’entreprise et notre article sur les multiples de valorisation EV/EBITDA.

Les erreurs à éviter dans le calcul du Goodwill

Plusieurs erreurs fréquentes peuvent fausser le calcul du Goodwill :

  • Ne pas retraiter le bénéfice net : il faut neutraliser les éléments non récurrents (cessions d’actifs, charges exceptionnelles) et les rémunérations dirigeants atypiques avant d’utiliser Bn dans la formule.
  • Choisir un taux r trop bas : sous-estimer le taux de rentabilité requis gonfle artificiellement le Goodwill. En 2026, avec des taux d’intérêt encore élevés, un taux r d’au moins 7-8 % est généralement justifié.
  • Allonger excessivement l’horizon : au-delà de 7-8 ans, l’incertitude est trop grande. La plupart des praticiens utilisent 5 ans.
  • Oublier le Badwill : si la rente est négative (l’entreprise dégage moins que le rendement normal de ses actifs), il y a Badwill — la valeur est inférieure à l’ANC.

Retraitement du bénéfice net : pourquoi c’est crucial

Le bénéfice net comptable ne peut pas être utilisé directement comme Bn. Il faut procéder à des retraitements :

  • Neutraliser les produits et charges exceptionnels
  • Retraiter la rémunération du dirigeant si elle est sous-évaluée ou surévaluée
  • Éliminer les charges non récurrentes (restructuration, litige)
  • Intégrer un impôt normatif (IS au taux standard) si l’optimisation fiscale du dirigeant est personnelle

C’est souvent à cette étape que les valorisateurs professionnels apportent le plus de valeur ajoutée — voir notre article sur comment optimiser la valeur de votre entreprise.


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